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Bonjour à toutes et à tous,

Si je poste aujourd'hui c'est que rien ne va plus dans ma vie depuis quelques mois... J'ai des idées suicidaires tous les matins au réveil. J'ai peur de passer à l'acte.

En juin 2011, à la suite de 14 mois de recherche d'emploi sans résultats, j'ai trouvé un emploi dans un secteur tout à fait nouveau pour moi : le monde du handicap. Je travaille dans un foyer d'accueil spécialisé pour personnes adultes déficientes intellectuelles.

J'y occupe le poste d"accompagnatrice (non diplômée). Il m'a fallu trois mois pour acquérir toutes les compétences du poste. C'est un métier très difficile et très éprouvant. De plus, les horaires de travail sont très particuliers. Par exemple : 8h-10h, 16h30-21h en semaine et 9h-21h le week-end.

Au bout de trois mois, j'ai commencé à souffrir de troubles digestifs (reflux gastrique, ballonnement, douleurs à l'estomac).

Le mois suivant, une fatigue chronique a commencé à s'installer. Je pensais ne pas être faite pour ce boulot car la fatigue s'est accrue.

Une visite chez mon médecin traitant et une prise de sang plus tard, j'apprenais que j'avais le virus d'Epstein-Barr (mononucléose infectieuse) et que ma thyroïde fonctionnait au ralenti.

J'ai pris mon courage à deux mains et ne me suis pas avouée vaincue : j'ai continué à travailler malgré la fatigue, les douleurs à l'estomac. Je pensais que ces douleurs provenaient de la nourriture de la cantine du foyer (car nous y mangeons avec les résidents).

En janvier dernier, mon état s'est aggravé et j'ai du faire une gastroscopie qui a révélé pleins de petits ulcères à l'estomac.

Depuis deux mois, je souffre de douleurs cervicales et lombaires (je dois m'occuper d'une résidente en fauteuil roulant, la lever, la coucher).

Voilà pour le côte santé.

Côté travail : je me suis réellement beaucoup investie dans ce poste. Je travaille dans une unité où habite 12 résidents et nous devons être au minimum 2 éducateurs (et accompagnateurs) et 3 au maximum.

Au bout de quelques temps, ma chef de service, s'apercevant que je pouvais assurer l'accompagnement des 12 résidents seule _ je m'étais retrouvée seule suite à des absences de salariés _ a commencé à faire les plannings sans trop se soucier de me confier les 12 résidents sans éducateur présent. 

Le pire dans tout cela, c'est que les résidents ont perçu mon empathie et tout naturellement me sollicite sans arrêt, durant tout le service (contrairement à mes collègues). C'est allé très loin, puisque une résidente, pour attirer mon attention sur elle, s'est mise à vomir et à déféquer uniquement quand j'étais de service.

Quant à l'ambiance de travail entre collègues, je ne saurais la décrire : elle est exécrable !!! Je pensais_à tort_ que dans ce milieu les collègues se serraient les coudes. Eh bien non !!! 

J'y travaille depuis 10 mois maintenant et je suis tenue à l'écart (des conversations, des sorties avec les résidents, ...). J'ai même indirectement été accusée de vol par une éducatrice.

J'ai été embauchée en CDD sans aucune perspective d'avenir ou de formation au sein de cette association. Je suis rémunérée en dessous du SMIC pour un temps plein.

Aujourd'hui, je suis en arrêt maladie pour surmenage et douleurs constantes au dos.

Depuis quelques semaines, je me lève le matin avec une seule envie : me suicider....

Je pense alors à mes filles et j'y renonce... pour combien de temps ??

J'ai pris rendez-vous chez un psychiatre sur les conseils de on médecin traitant mais avec les vacances de Pâques, je ne le verrai pas avant le 18 avril  prochain...

Je me sens complètement perdue et ne sais plus quoi penser...

Mes "pathologies" seraient-elles liés à un malaise beaucoup profond, à savoir l'angoisse de me retrouver seule avec les résidents avec les responsabilités que cela entraîne ?

Que dois-je faire ?? 

Merci de me conseiller.

Cordialement,

Ziggy

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Réponses à cette discussion

Bonsoir,

Si vraiment vous craignez de passer à l'acte en perdant le contrôle, je vous conseille de vous rendre aux urgences d'un hôpital pour y être en sécurité, ou ne restez pas seule, entourez-vous de votre famille, vos amis, ou forcez-vous à sortir pour ne plus penser au suicide.

Penser au suicide ne dure pas, le tout est de ne pas être seule quand cela arrive.

Bon courage.

Bonsoir Sandrine,

Tout d'abord, merci de m'avoir répondu si vite !!

Je n'ai pas fait part à mes filles (28 et 24 ans ) de mes idées suicidaires et je ne compte pas le faire : je tiens à les préserver. Et je n'ai que mes filles.

Quant aux amis je dois avouer que je suis très isolée socialement pas par choix mais à cause de ma précarité... (sic)

J'ai envisagé cette option (urgences psy) et je vais probablement franchir le pas cette semaine si un matin je me lève avec les mêmes idées noires... Car la démarche, même si elle est salutaire, est difficile à entreprendre. La peur d'être jugée probablement...

En tout cas, merci encore pour votre gentil message, il m'a donnée du baume au coeur pour quelques heures...

Cordialement.

Personne n'a à vous juger pour cela, mais je sais qu'il est très difficile de demander l'aide dont on a besoin.

Quand vous aurez réussit à pousser la porte d'un psy, vous ressentirez alors un grand apaisement par le simple fait que vous ne serez plus seule face à vos souffrances.

Le tout est de se forcer même si c'est très dur, c'est le premier pas le plus difficile à faire, mais un pas nécessaire, voir dans votre cas vital.

courage !

Bonjour,
Je viens de lire votre message et j'ai eu tout de suite envie de vous répondre. En vous lisant je retiens 2 choses:
1/ vous êtes très sollicitée par les résidents. Ils vous demandent vous et pas les autres. Ce qui veut dire que vous avez de la valeur. Les personnes de valeur suscitent toujours de la jalousie et c'est ce que vous payez malheureusement actuellement dans votre travail.
2/ vous avez 2 filles qui vous aiment et que vous aimez certainement, vous n'êtes donc pas seule

Ces 2 raisons doivent vous donner de la force. Dites vous que les personnes de valeur VIVENT tout simplement et dans tous les sens du terme.

Pour le reste je suis parfaitement d'accord avec les conseils de Sandrine. Ne vous laissez pas aller et Bon courage!

Bonsoir Sandrine,

 

Je suis entièrement d'accord avec tout ce qui s'est dit... je pense aussi que vous n'avez pas le droit de vous négliger surtout si vous avez 2 filles que vous aimez ! Il faut vous occuper de vous et ainsi vous arriverez mieux à vous occuper des autres... surtout si vous avez de réelles capacités relationnelles avec les résidents...

Je ne saurais trop vous conseiller de prendre un contact avec la médecine du travail et en parler dans un premier temps. Toutes ces douleurs sont sûrement le résultat d'un réel surmenage causé par une évidente exploitation de votre employeur... je sais que ce n'est pas facile... Il ne s'agit pas de dénoncer mais seulement d'établir un constat... La médecine du travail est tenue au secret professionnel bien sûr. Il vous faut je pense améliorer vos conditions de travail, pensez qu'en ce moment une grande priorité est tout de même donnéepar l'Etat concernant les risques psycho-sociaux dans le monde du travail... c'est valable pour tout le monde... et commencez par VOUS soigner afin de mieux vous Occuper des autres qui vous "réclament"... personne n'a de baguette magique... nous avons tous nos limites !!!

 

Bon courage à vous et surtout pensez à VOUS !!!

 

Bonjour,

Votre témoignage date de quelques semaines déjà, j'espère que vos idées suicidaires sont à présent très loin de vous.

Le métier que vous avez choisi est un métier qui n'est pas facile du tout, il nécessite de grandes qualités humaines et de possèder les ressources nécessaires pour faire face à des situations parfois extrêmement difficiles. Bravo. A titre personnel, je ne vous cache pas que j'en serais incapable.

J'ai l'impression que dans votre empathie vous y mettez beaucoup d'affectivité, vous vous mettez peut-être un peu trop à la place de vos patients du coup,leurs problèmes devient les vôtres et vous n'êtes plus en situation d'écoute active car trop submergée par vos émotions . Vos patients se sentent alors incompris par vous et vous, votre stress est tel qu'il vous rend malade.

Il faudrait probablement essayer de trouver un juste un milieu entre garder vos distances mais trop et être empathique mais pas trop, associé à votre chaleur humaine pour pouvoir d'une part vous préserver et être capable d'être encore plus efficace et disponible en situation d'écoute active avec vos patients.


Bon courage


Quel courage d'avoir choisi un tel métier.... !!!!

Et quelle violence vos collègues vous font subir....! C'est inacceptable.... !
De telles pratiques, devraient être sanctionnées : être isolée des conversations, mise à l'écart....
Quelle violence, je suis abasourdie de lire cela.... 

Je comprends parfaitement que votre corps soit si fatigué avec de tels poids à porter.... 
Je ne saurai que trop vous conseiller de prendre soin de vous, de vous poser, de parler, de "vider votre sac" car j'imagine que vous avez du en accumuler ces derniers mois... 

Je pense à vous très fort, n'hésitez pas à me contacter pour discuter.... 


Agnès

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